• Maurice Gomond

    Venu à notre rencontre sur notre stand à la bourse de Mougins de 1997, c'est peu dire que Maurice Gomond y a fait sensation.
    Imaginez: un charmant monsieur de 85 ans qui vous dit tout de go: "J'ai été pilote essayeur chez Citroën, et j'y ai conduit la 22 !"
    Possesseur d'un beau roadster Rosalie, il était justement en train d'acquérir une 11BL, d'où son intérêt pour notre club.
    Il en a été adhérent de 1977 à 2001 (n° 106), date de son déménagement de Mandelieu où il résidait. A son départ il a vendu sa Traction à son voisin Guy Maucors, hélas décédé depuis.
    Entre temps nous avions voulu en savoir un peu plus sur cette fameuse 22 dont il avait eu le privilège de tenir le volant.
    Il avait accepté de nous recevoir chez lui et nous avions formé une petite délégation avec Gérard Herszlikowicz, Jean-Claude Albert, Paul Burro et moi-même pour aller l'interviewer.
    A notre grande déception, il a désacralisé ce monument sur lequel nous fantasmions tant, trouvant la 22 bien trop lourde et très survireuse. A son avis, les essais faisaient surgir plus de problèmes qu'ils n'en résolvaient : le parcours météorique de cette auto tend à confirmer ses dires. Le moteur V8 Citroên (sur la base de 2 moteurs de 11) consommait d'après lui presqu'autant d'huile que d'essence et le moteur Ford était très lourd, d'où une conduite difficile et périlleuse (en 1934, la direction n'était pas encore à crémaillère).
    Résultats des courses: c'était la "tronche" chez les essayeurs quand ils étaient désignés pour tourner sur la 22. Maurice s'amusait plus avec les Rosalie : à Montléry, il arrivait dans les virages, à faire toucher la tôle de leur jante par terre: imaginez l'allure (et la tête du pneu !).
    Voilà comment meurt un mythe ...