• 2000 04 22/24 Camargue

    ARLES 2000

    C’est à la fin du mois de novembre 1999 que le projet a été présenté, lors du dîner habituel de la section à Carros. Thierry BOUCHOT annonçait à la cantonade : « Et si on allait en Camargue à Pâques ? » en ajoutant : « je connais un endroit sympa pour séjourner en Arles et il y a possibilité de participer à une soirée Noce Gitane ». Proposition acceptée, nyavépuka … 

    Il n’y avait plus qu’à s’inscrire rapidement, même si la fin avril paraissait lointaine à ce moment-là. Il n’y avait plus qu’à organiser pour que tout soit fin prêt à la date prévue. C’est ce que nous nous sommes efforcés de faire, Thierry et moi, puisque Thierry m’avait demandé de l’aider pour structurer ce long week-end.

    De fait, nous n’étions pas les seuls à avoir envie d’aller en Camargue pour les fêtes pascales (une bonne partie de l’Europe aussi): la Féria d ‘Arles y était vraisemblablement pour quelque chose. Le désir de profiter d’un temps statistiquement beau et d’un cadre magnifique, sans doute aussi. Il fallut clore les inscriptions très tôt (début février) car la résidence que nous avions choisie nous pressait, menacée de « surbooking ». Onze équipages figuraient sur les listes lorsque la « trappe » se referma, faute d’hébergement.

    Un des autres aspects intéressants de ce projet, est que Thierry, par ses relations professionnelles, avait trouvé deux sponsors qui ont accepté de patronner partiellement cette activité . Il s’agit de :

    Société FOREST : Farines panifiables à BRAY (71)

    Société NICKERSON : Farines et graines pour pains spéciaux et de campagne à MARNE-la-VALLEE (77)

    qu’ils en soient encore remerciés.

    Samedi 22 avril

    L’heure  H  du jour J  a sonné : 7h30, parking Carrefour-Antibes. Les 10 équipages sont rassemblés pour un p’tit déj express (croissants : Thierry,  café : Charly,  dînette : Michel) :

    Thierry BOUCHOT et ses 6 enfants                   11F1938 ;
    Brigitte et Marcel MOCALI                                  11Frouge 1955 ;
    Brigitte et Bernard FANTAUZZI                           11BL cabriolet 1955 ;
    Marianne et Bernard PRUDHOMME                  11BL belge 1951 ;
    Renée et Charly PERRUQUETTI                        11B 1954 (1ère grande sortie) ;
    Martine et Michel ASSO                                       11B 1956 légendaire;
    Paul BURRO, son fils Dylan                                15/6 1953 dans son jus 
    Bérengère et René CHAMPSEIX                        15/6 1950 noire et verte ;
    Nicole et Alain CHARLES et leurs petites filles    15/6 1951 ;
    Solange et Charly PERISI et leur fille                  15/6 1951 tout juste remise en état ;
    Le 11ème équipage :
    Annick et Bernard DURANTET                           15/6 1950 (retenus par leur travail) nous rejoindra ce soir.

    Chacun se voit remettre une pochette contenant la plaque de rallye, le road-book (merci Thierry), un livre sur la Provence, un plan d’Arles et des documents sur la Féria.

    Nous avons l’agréable surprise de voir un de nos sponsors, M. FOREST et quelques cadres de sa minoterie, se joindre à nous pour la photo de groupe. Puis c’est le départ : autoroute jusqu’au MUY, regroupement général et suite du trajet par la RN7. C’est vrai qu’il y a du monde  en ce samedi de Pâques et les traversées de Vidauban, Brignoles, St Maximin ne se présentent pas comme une partie de plaisir.

    Pour couronner le tout, je m’aperçois que le collecteur d’échappement de ma 15/6 commence  à semer ses goujons … angoisse, d’autant qu’à l’approche de ce long week-end les garages tirent leur rideau et qu’il ne faut pas compter réparer avant le retour au bercail (si retour au bercail il y aura) ! En compagnie de Paul qui me chaperonne, nous reprenons l’autoroute où le régime du moteur est soumis à de moindres variations et où la progression est plus régulière. Nous nous tenons malgré tout en contact avec le reste du groupe (merci les portables) et c’est avec plaisir que, suivant les prévisions, nous nous retrouvons à la Résidence MAEVA en Arles, terme de notre voyage aller. 

    Plaisir de rencontrer nos autres sponsors Christiane et Roland NYS, (direction commerciale de la société NICKERSON), amis personnels de la famille BOUCHOT qui vont se joindre à nous pour le reste du séjour ainsi que Daniel, le papa de Thierry, descendu de son Jura natal.

    Plaisir des yeux, le cadre est splendide : petits bâtiments disséminés dans la verdure, étangs, grands arbres protégeant du soleil encore ardent à cette heure-là, piscine à proximité de nos tables.

    Plaisir de l’odorat à l’approche du restaurant « Les Alpilles » où nous allons déjeuner : les effluves des grillades titillent nos estomacs affamés.

    Plaisir de la table aussi, quand nous pouvons nous approcher des gigantesques buffets pour vérifier si les saveurs équivalent les senteurs. (Après coup, nous pouvons affirmer que oui : beaucoup gardent encore la nostalgie – notamment - d’une entrecôte de taureau d’une tendreté et d’un parfum extrêmes !)

    Plaisir enfin, de jeter l’ancre dans nos chambres sises dans des bungalows, le long de l’étang principal de la Résidence et de pouvoir nous y rafraîchir avant la suite des événements (dans nos chambres, pas dans l’étang). 

    La suite des événements, en l’occurrence, c’était  de nous rendre à la Féria (assister  à la 4ème corrida du week-end) et là encore, il faut reconnaître que Thierry a fait fort : il a obtenu un bus pour assurer notre transfert au centre ville et éviter  ainsi à nos Tractions une promiscuité trop grande avec la foule arlésienne.

    Que dire de la corrida, sujet sensible s’il en est ? Considérée comme tout autre spectacle (cinéma, théâtre, etc.), hors du contexte d’une tradition tauromachique bien implantée, ce n’est ni plus ni moins qu’une sauvage boucherie, il faut bien en convenir. Pour qui se prétend aficionado et revendique une certaine initiation à ce rite plongeant ses racines dans un profond passé ibérique (pré-médiéval), ce combat manichéen entre les forces du bien (le torero) et celles du mal (le toro, chargé des pêchés du peuple) peut provoquer, quand se créée un état de grâce, une communion spécifique, une émotion bien difficile à décrire, en tout cas impossible à communiquer si l’on n’y est pas viscéralement réceptif.

    Tout ceci pour dire que certains parmi nous sont sortis avant la fin et que c’est une réaction tout à fait normale dans les circonstances évoquées ci-dessus. Pour les autres, les « initiés » ont trouvé que cette édition n’était pas d’un cru exceptionnel. Malgré leurs efforts, les toreros en lice n’ont pas réussi à faire passer le souffle . Seul Pepin Jimenez a tiré son épingle du jeu : il a obtenu une oreille à son premier toro et  les deux au second. 

    L’ambiance dans les rues par contre, était nettement plus chaleureuse que dans la plaza des Arènes. Ce bain de foule aux odeurs, couleurs et sonorités typiques aurait pu laisser un agréable souvenir d’ensemble car les peñas (petits orchestres à vocation tauromachique) étaient déchaînés, mais la mésaventure survenue à un de nos collègues, dépossédé en douceur de 2000F par des pick-pockets a un peu gâché la fête. 

    La journée était loin d’être finie et le temps de rentrer, de se changer, de faire chauffer les moulins, et c’était le départ vers EL PATIO.

    EL PATIO, son dîner-spectacle « La Noce Gitane » conçu par Chico, des Gypsies King, quel moment ! Unanimité sur la qualité de la méga-paëlla qui était l’ossature (si l’on peut dire) du repas. Qualité du service aussi, et alors que dire du spectacle ! Ambiance surchauffée « Marina, Marina,… » ce refrain aura été le leitmotiv de la soirée . Danses gitanes, acrobaties, flamencos et puis pour finir , la piste a été livrée à tous ceux qui avaient –encore- des fourmis dans les jambes. 

    Dimanche 23 avril

    Douche écossaise ce matin (ou plutôt douche camarguaise) car le ciel, qui s’était voilé en fin d’après-midi hier, s’est carrément fâché aujourd’hui. Dommage, car la Camargue ne se prête pas aussi bien au romantisme brumeux que les bords du Rhin, et ces nuages sombres, ce vent froid, ces gouttelettes insistantes finissent ici par lasser .

    Quoiqu’il en soit, le programme prévu au Domaine Paul Ricard de Méjanes allait être globalement respecté . Le matin, ferrade avec capture du taureau (appelé plus communément vachette camarguaise) au lasso, à la « Lucky Luke » puis marquage au fer rouge : rassurez-vous ça ne fait pas mal, il suffit de tenir le fer par le manche en bois ! Ensuite, en guise d’apéritif, lâcher d’une vachette dans les arènes pour que les volontaires puissent montrer leur bravoure. Mais de volontaires, il n’y eut que les gardians de la manade à faire preuve de virtuosité (les sauts de palissade n’avaient rien à envier aux meilleurs « Intervilles »).

    Repas médiocre ensuite, aucun rapport avec ceux de « Maeva », puis tour du domaine en petit train envahi de touristes transalpins exubérants (ils ne parlaient pas qu’avec leurs mains) . Pour finir cette journée, le retour s’est effectué par les Saintes-Maries-de-la-Mer, site incontournable et donc très fréquenté aussi. 

    La soirée s’est terminée tranquillement à la Résidence où nous avons pu quand même assister à un feu d’artifice : chaque groupe présent pouvait imaginer qu’il était tiré en son honneur. 

    Lundi 24 avril

    Rongé sans doute par le remords de nous avoir fait faux bond la veille, le soleil nous faisait les yeux doux ce matin : la luminosité et la pureté de l’air étaient exceptionnelles, à la hauteur du site que nous allions visiter, les  « Baux-de-Provence ».

    Je vous livre pour ce qu’ils valent (prudent, le mec !) les quelques vers qui circulaient une fois nos voitures garées aux abords de ce haut lieu touristique :

    Si les Baux sont beaux,
    Et  les Traction sont belles,
    Les Traction aux Baux :
    C’est bel et beau !

    Sans plaisanter, cette visite restera mémorable car l’emplacement est ko-lo-ssal, tant par la vue qu’on y découvre, que par les vestiges qui s’intègrent au rocher de façon extrêmement pittoresque.

    Après le déjeuner, le dernier centre d’intérêt était le Musée d’Automobiles d’Orgon, situé déjà sur le chemin du retour (snif, ça a passé trop vite). A mi-chemin de la brocante permanente et du musée traditionnel, abritant de beaux spécimens, cet endroit, très plaisant, a nécessité une longue halte pour bien en appréhender les richesses.

    Et puis, hélas, car il faut bien une fin (mais heureusement pour vous, lecteurs patients!) le moment était venu pour chacun de regagner son douar d’origine, ce qui fut fait par des chemins divers, mais tous marqués par les gigantesques « bouchons » des dernières heures de ce week-end pascal.

    Comme il est coutume de dire : « on fera mieux la prochaine fois » et encore merci aux sociétés FORREST et NICKERSON pour leur participation.

    Charly